Je n’écris pas ici pour vanter l’Intelligence Artificielle, ni pour la redouter par principe. J’écris parce qu’elle est déjà là, qu’elle transforme la manière dont on cherche, dont on écrit, dont on pense, et qu’il me semble plus utile de l’observer avec attention que de choisir un camp.
Cette posture n’est pas neutre : elle est humaniste. Ce qui m’intéresse dans l’IA, ce n’est pas la performance pour elle-même, mais ce qu’elle révèle de nos usages, de nos raccourcis, de nos responsabilités. Un outil qui écrit à notre place pose des questions qu’un outil qui calcule à notre place ne posait pas.
L’IA comble ce qui m’est impossible seul, en termes cognitifs, d’organisation, de temps. Elle m’aide à écrire. Elle n’écrit pas de façon autonome, et jamais à ma place.
Elle est aussi critique. Je me méfie des annonces spectaculaires autant que des postures anxiogènes. Quand des chercheurs reconnus appellent publiquement à ralentir, ça mérite d’être pris au sérieux, pas de servir de prétexte à l’inaction, ni d’excuse à l’accélération.
Elle est enfin expérimentale. Ce carnet teste, se trompe, recommence : des articles, mais aussi des fictions écrites avec la machine comme atelier, et un journal de bord qui traite l’exploration d’un outil de connaissance comme une aventure à part entière.
Trois chemins, une seule boussole : comprendre avant de juger, écrire pour clarifier, explorer pour ne pas s’arrêter à la première réponse.

